La vie sociale du chômeur

La vie sociale du chômeur

Une idée reçue veut qu’inactif le chômeur sombre systématiquement dans une mort sociale. Et depuis cette étude de 1932 réalisée par Paul Lazarsfeld, il semblerait que cette perception n’ait pas beaucoup changé.

Pour autant si l’on y regarde de plus près, en 2016, le numérique et le digital pourraient être un remède à l’exclusion sociale du chômeur, en lui permettant de rester en contact avec les actifs via des plateformes ou autres réseaux sociaux.

Mais tout comme à l’époque de Lazarsfeld, considérer qu’un lien social suffit pour ramener à la vie un chômeur serait une erreur aux vus des retours d’expériences que nous avons reçu sur nos accompagnements.

Dans la réalité des faits, la perte d’un emploi est sans doute comparable à ce que d’autres chercheurs en sociologie ont décrit sur les impacts d’un choc biographique et le processus qui permet de s’en remettre.

Et ce que l’on découvre sur le terrain, est que ce n’est pas tant le lien social qui permet le retour à la vie active du chômeur, mais bien davantage, le mécanisme de réflexion que ce lien social déclenche chez l’individu à chaque confrontation de sa vision du monde à une réalité professionnelle, en lui permettant de construire son retour vers une vie sociale.

Dans certains contextes et pour certains sujets, c’est précisément ce mécanisme de réflexion qui est stimulé dans une mission de conseil en outplacement, et pour que ce mécanisme soit performant, force est de constater qu’il fonctionne néanmoins sous certaines conditions, chez les personnes accompagnées par Eurotalents.

Ainsi, alors que nous pensions qu’au terme de leur recherche, elles nous diraient : « vous m’avez été utile pour les outils sous-entendu (le CV, les courriers, les préparations aux entretiens), celles-ci m’ont déclaré très souvent : « c’est dans la confrontation des idées aux différentes étapes de la conduite du projet que vous m’avez été précieuse, car au fur et à mesure que nous progressions dans la démarche, je comprenais ce que je voulais faire vraiment».

En outplacement les projets sont de toutes natures, ils peuvent s’inscrire dans une recherche d’emploi, un projet de création d’activité, une formation. Il faut être rompu aux techniques d’accompagnement de ces projets et comprendre les motivations de chacun dans ses choix.